Vienne Hundertwasser

Huit destinations européennes ont rédigé un plaidoyer afin d’obtenir les datas de plateformes type Airbnb. Leur objectif ? Mieux faire appliquer la réglementation.

Paris, Bordeaux, Amsterdam, Vienne, Bruxelles, Berlin, Munich et Barcelone font front commun, suite à la décision récente de la Cour européenne de justice. Leur déclaration conjointe, publiée le 20 décembre, vise à « alerter l’Union européenne de l’urgence de réviser la réglementation relative aux locations de courte durée proposées par les plateformes ». Les huit villes pointent avant tout la « crise du logement », « dans l’ensemble de l’Europe ». « La pénurie de logements n’est pas seulement liée à une urbanisation galopante, elle résulte aussi d’un tourisme croissant, ainsi depuis 2008 les nuitées des villes européennes ont augmenté de 57% », est-il expliqué. « La prévalence des locations de meublés touristiques soustrait du marché locatif des logements entiers pour les habitants de nos villes », et entraîne une inflation des loyers, est-il ajouté.

Haro sur la « touristification »

Paris, Amsterdam et les autres villes estiment que la “touristification” érode la cohésion sociale et la qualité de vie dans les quartiers de nos villes. Leur argumentaire vise un objectif, clairement affiché : l’accès aux données. Les destinations, qui font des contrôles très épisodiques faute de moyens, avouent au passage leur impuissance : « Pour les administrations municipales que nous représentons, le refus de la plupart des plateformes du numérique de partager des données de location pertinentes constitue un frein majeur. Sans les données, il nous est quasiment impossible de faire respecter les réglementations existantes sur des questions telles que le nombre maximal de jours de location, les taxes de séjours et les normes de sécurité. »

La déclaration commune exhorte la Commission européenne à proposer « une nouvelle directive sur le commerce électronique visant à garantir une évolution plus équilibrée des locations de meublés touristiques ».

Airbnb veut rassurer

Hasard du calendrier ou non, Airbnb a également publié un communiqué le 20 décembre, pour partager… quelques données. D’après la plate-forme américaine, en 2019, moins d’un logement entier sur 10 sur Airbnb à Paris a été loué plus de 120 jours, et ce via trois mécanismes : le bail mobilité, le changement d’usage en bail commercial, et une exemption professionnelle ou de santé permettant de dépasser le cap des 4 mois. Le nombre de logements loués plus de 120 jours a diminué de 40% à Paris depuis la mise en oeuvre du blocage automatique des nuitées début 2019, est-il précisé. A Paris, 2% des 65 000 annonces correspondent à des biens loués à l’année.

Nous l’aurons compris, c’est à une bataille de chiffres et d’arguments que se livrent les défenseurs et les opposants à la location saisonnière. Et c’est bien la réglementation qui devrait donner le tempo au niveau du développement futur du secteur.

Linda Lainé – L’Echo touristique