Dans une interview sur Cnews, la secrétaire d’Etat à l’Economie a évoqué les conséquences du mouvement social pour le tourisme et rappelé quels étaient les dispositifs d’aide pour les professionnels.

Au quatrième jour de la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, et alors que les transports sont toujours très fortement perturbés, les conséquences sur l’activité touristique commencent à inquiéter le gouvernement. C’est en tout cas ce qu’a exprimé ce matin la secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher, lors d’une interview sur Cnews. “Le sujet le plus sensible aujourd’hui, c’est de rassurer les touristes sur le fait qu’ils peuvent venir, notamment à Paris », a affirmé la secrétaire d’Etat sur Cnews. « La perception de ces grèves depuis l’étranger, c’est que la France est à la fois bloquée et violente, et c’est une image qui n’est pas nouvelle après les mouvements des +gilets jaunes+. Ce n’est bien sûr pas bon pour le tourisme, pour les voyages et pour les réservations à venir », a commenté de son côté auprès de l’AFP Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage.

« Dans le tourisme, si vous perdez des réservations, vous ne les rattrapez pas », a rappelé Agnès Pannier-Runacher lors de l’interview. Malgré le mouvement de grève dans les transports publics qui a débuté jeudi, la secrétaire d’Etat a estimé que le commerce avait connu « un bon week-end de fréquentation. En province, vous avez des bons chiffres à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse », a-t-elle expliqué.

Des résultats contrastés à Paris

A Paris en revanche, elle a qualifié les résultats de « contrastés ». « Nous  avons plutôt des bonnes nouvelles dans certains secteurs, mais plutôt une diminution globale du chiffre d’affaires », a-t-elle souligné. La secrétaire d’Etat craint toutefois des conséquences plus importantes si le mouvement social devait se poursuivre. « Si ça dure, le fait de compliquer la venue des Français chez leurs commerçants peut leur faire baisser le chiffre d’affaires, notamment dans les secteurs comme la restauration et le tourisme où l’on ne peut pas avoir de report de chiffre d’affaires ».

Au cas où les grèves devaient se prolonger, Mme Pannier-Runacher a rappelé que le gouvernement dispose « d’un arsenal de mesures » pour les commerçants depuis la crise des « gilets jaunes » il y a un an. « Cet arsenal comprend la possibilité (…) de différer le paiement de certaines charges fiscales et sociales de façon à redonner de la trésorerie aux commerçants. »

Une période cruciale dans l’hôtellerie

L’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (Umih) fait aussi part de son inquiétude : « A Paris, en hôtellerie, on est à environ 30% de baisse d’activité, et en restauration, à 40%, voire 50% dans certains endroits, et je ne parle pas des parcours de manifestations où on a demandé aux établissements de fermer », indique à l’AFP Franck Delvau, son co-président pour Paris et l’Ile-de-France. Des réunions, congrès et séminaires ont aussi été reportés. Ce qu’il se passe actuellement est « dramatique » pour la profession « parce que décembre est l’un des meilleurs mois de l’année », a souligné M. Delvau. « Nous avons demandé au gouvernement des mesures d’accompagnement, mais nous voulons surtout que ça s’arrête. »

Le secteur est déjà sous tension  sous tension en raison de l’effet « gilets jaunes » qui continue de se faire sentir, ainsi que par le contexte lié au Brexit : au troisième trimestre (juillet-août-septembre), les nuitées des touristes étrangers ont ainsi chuté de 4,7% dans les hôtels d’Ile-de-France, selon l’Insee. De son côté l’Umih évoquait déjà pour octobre « des performances dans le rouge« .

Emilie Vignon, in L’Echo touristique avec l’AFPArticle actualisé à 13h35.