La France n’espère plus atteindre les 100 millions de touristes étrangers en 2020 et devrait aussi actualiser ses prévisions à la baisse pour 2019. En cause, en le mouvement des gilets jaunes et des effets de baisse de la livre liés au Brexit qui ont impacté la fréquentation.

Cette fois c’est acté. Ainsi que l’avait laissé entendre le  ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le 4 octobre dernier, la France n’espère plus atteindre son objectif de 100 millions de touristes étrangers en 2020. « La France affiche toujours un objectif d’accueil de 100 millions de touristes étrangers » mais elle a « cependant repoussé la cible, au regard de la conjoncture actuelle, à 2022 », indique un document annexé au projet de Budget 2020 dédié au Tourisme, mis en ligne mardi. L’objectif des 100 millions de visiteurs internationaux en 2020 avait été fixé dès 2014 par Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères, soit avant les attentats de 2015, qui avaient brisé la progression de la fréquentation.  

Une actualisation à la baisse pour 2019

Le document dédié à la politique du Tourisme dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020, met en avant le fait que « les indicateurs portant sur les premiers mois de l’année 2019 laissent percevoir une diminution de la fréquentation touristique internationale pour le premier semestre ». « Cette tendance s’explique largement par les mouvements sociaux d’ampleur nationale qui ont largement touché le pays en début d’année et qui ont impacté les réservations à moyen et long terme, ainsi que par les effets de la baisse de la livre, le Royaume-Uni étant notre premier marché touristique », est-il précisé.

Le document indique également que « la prévision 2019 nécessite ainsi une actualisation à la baisse ». Selon l’Insee, l’impact des manifestations liées aux « gilets jaunes » s’était fait nettement sentir sur le secteur touristique à partir du mois de décembre 2018, mais s’était aussi poursuivi au premier trimestre 2019, avec une baisse de 2,5% de la fréquentation hôtelière, et un repli des nuitées particulièrement marqué en Ile-de-France (-4,6 %).

Emilie Vignon- L’Echo touristique