EXPOSITION A partir de ce mercredi jusqu’au 12 janvier, l’exposition« Hôtel Métropole » se déroule au Pavillon de l’Arsenal (4e arrondissement)

  • Cette exposition gratuite se déroule jusqu’au 12 janvier au Pavillon de l’Arsenal (4e arrondissement).
  • Depuis l’ouverture de l’hôtel Meurice en 1818, cet habitat temporaire a beaucoup évolué.
  • Paris est l’une des villes « les plus airbnbisés » mais la concurrence n’est pas « directe, ni si forte » pour les hôtels, juge-t-on au Pavillon de l’Arsenal.

Haut de gamme, d’affaires, de loisirs, d’accueil de gens dans la détresse… L’hôtel a différentes facettes. Figure familière de Paris, enracinée depuis toujours dans le paysage urbain, l’hôtel est en mutation perpétuelle. A partir de ce mercredi jusqu’au 12 janvier, l’exposition gratuite « Hôtel Métropole » se déroule au Pavillon de l’Arsenal (4e arrondissement) et retrace l’histoire de ces espaces construits pour « anticiper les évolutions sociétales, économiques et culturelles », note-t-on au Pavillon qui révèle à cette occasion l’histoire de cette architecture depuis sa naissance. Et ce, tout en dressant le portrait du parc hôtelier actuel.

« Nous avons essayé de retranscrire les entrées multiples de l’hôtel alors que nous sommes à quelques mois des Jeux olympiques 2024 et qu’il y a dans le Grand Paris en ce moment une très forte production hôtelière », affirme Alexandre Labasse, directeur général du Pavillon de l’Arsenal. L’institution s’est entourée pour l’occasion d’architectes, sociologues, d’historiens, de cinéastes, d’ingénieurs afin de réaliser un éclairage sur ces établissements. Alors, Paris, capitale de l’hôtellerie ?

Une place forte concurrencée ?

Le Grand Paris compte 2.053 hôtels et 121.677 chambres. « C’est un parc varié qui répond à une clientèle de 24 millions de touristes. Une moitié pour des nuitées affaires, une autre moitié pour des nuitées loisirs. Mais ce parc reste concentré dans Paris », analyse Catherine Sabbah, commissaire scientifique de l’exposition. La capitale est évidemment la première ville hotelière de France, devant Lourdes. Place forte, donc, Paris a-t-il toutefois été bousculé par l’arrivée des plateformes locatives comme Airbnb ?

Paris est l’une des villes « les plus airbnbisées », note-t-on au Pavillon, mais la concurrence n’est pas « directe, ni si forte ». « Malgré tout ce que racontent les hôteliers, si on regarde la courbe de croissance du chiffre d’affaires, les grands creux correspondent à des grandes crises économiques mondiales. Mais rien à voir avec l’arrivée des plateformes », explique Catherine Sabbah. Et de préciser : « Ça a en revanche poussé les hôteliers à se réinterroger sur leur modèle », Surtout, les fonctions d’un hôtel sont devenues multiples au fil du temps.

Des hôtels et des visages

Depuis l’ouverture de l’hôtel Meurice (1er arrondissement) dans la capitale en 1818, cet habitat temporaire et les services qui vont avec ont beaucoup évolué. « Au début, ce sont des hôtels qui s’implantent dans le centre de Paris pour donner un confort aux touristes anglais », précise Olivier Namias, commissaire de l’exposition. Puis le tourisme de masse a fait éclore un nouveau type d’établissements. En témoignent notamment les hôtels du parc DisneyLand Paris. Ou encore les hôtels fonctionnels, à l’image des Formule 1, créés en 1984. Mais l’hôtel a bien d’autres fonctions dans notre société.

« Au niveau régional, l’hôtel a une autre fonction important à souligner, c’est sa fonction sociale. Le Samu Social loge des sans-abri, des réfugiés, des personnes modestes. Chaque jour, 11.000 ménages sont logés dans 578 hôtels d’Ile-de-France qui restent en moyenne deux ans dans ces établissements. Cette activité peu considérée est pour autant considérable », précise Catherine Sabbah. Enfin, l’exposition tente d’explorer le futur.

Chambre familiale, lit-capsule, dortoir, suite XXL, toiture habitée, cour végétalisée… Plus de 150 projets répondant à tous les goûts et tous les budgets, sont en cours d’études ou de construction en Ile-de-France. La question écologique est également prise en compte. « Comment peut-on faire pour être plus vertueux vis-à-vis de l’eau, quand on sait que chaque nuitée d’hôtel c’est 300 litres d’eau ? », s’interroge Alexandre Labasse. Voilà tout l’enjeu de l’hôtel de demain.

Romain Lescurieux- 20minutes

Photo : Le toit du Terrass Hôtel (18e arrondissement) vers 1950 — Terrass Hôtel / Pavillon de l’Arsenal