Yoann Magnin, jeune ingénieur de Biarritz, repense la réservation de chambres d’hôtel de façon sociale et solidaire. Soixante professionnels y adhèrent déjà.

Yoann Magnin, fondateur et directeur de Solikend, et Edwige Dupuch, directrice de l'hôtel Best Western Karitza à Biarritz.
Yoann Magnin, fondateur et directeur de Solikend, et Edwige Dupuch, directrice de l’hôtel Best Western Karitza à Biarritz.

Solikend est une plateforme de réservation qui met à disposition des touristes, en arrière-saison, une seule chambre par hôtel. Sa particularité est que ce n’est pas l’hôtelier qui perçoit le prix de la chambre, mais une des assocation à caractère social parmi 27.

L’hôtel Best Western Karitza à Biarritz est déjà sur la plateforme. Sa directrice, Edwige Dupuch, n’a pourtant pas le sentiment de perdre une nuitée. “Je choisis les dates où je mets une chambre à disposition. Par exemple pendant le G7 ou le week-end du 15 août, évidemment, je n’ai pas proposé de chambre.” Mais à de nombreuses autres dates, elle sait qu’un remplissage à 100 % n’est pas réaliste. Alors elle n’hésite pas à proposer une chambre pour l’offrir aux associations. “Cela donne à l’hôtel une visibilité auprès d’une clientèle en recherche de sens. Certes, la totalité de la somme est reversée à l’association choisie par le client, mais moi je bénéficie d’un reçu pour une exonération fiscale à hauteur de 60 %. Cela nous fait connaître auprès de sympathisants du monde associatif et, demain, de comités d’entreprise de grands groupes.”

Et si la chambre Solikend est déjà louée à la date choisie, l’internaute est orienté vers une réservation classique, sur le site de l’hôtel. De quoi générer une réservation marchande en direct, sans passer par une plateforme qui prélève de 15 à 30 %.

Des adresses dans toute la France

J’étais lassé de voir les hôtels vides en octobre ou novembre, alors que les journées sont encore magnifiques”, relate Yoann Magnin, ingénieur et créateur de Solikend, revenu à Biarritz après quelques années à Paris. “J’ai formalisé une première idée. J’en ai parlé à deux hôteliers en pensant qu’ils allaient me décourager. Ça a été tout le contraire!”

La mise au point commencée en 2017, avec le soutien financier de la région Nouvelle Aquitaine, a permis plusieurs mois de test en 2018. Puis le développement et la prospection des hôtels ont été retravaillés. Solikend est accessible sur le web et bientôt en application sur smartphone. La start-up a aussi sollicité une immatriculation d’agent de voyages et prévoit d’éditer des cartes cadeaux.

Le périmètre de recrutement des hôtels est d’abord ciblé en Nouvelle Aquitaine, mais Solikend propose déjà des adresses dans toute la France, une soixantaine de professionnels y adhérant déjà. Un professionnel de l’hébergement peut aussi adhérer spontanément, via le site Solikend.com. À ce jour, la plateforme génère plus de 100 000 € de chiffre d’affaires et devrait se développer avec l’allongement de la liste des hôtels participants. La rémunération de la plateforme (12 €) est clairement indiquée au moment de la réservation.

Cyrille Pitois- L’Hôtellerie-Restauration