L’emballage servant à emporter les restes de son repas dans les restaurants reste très peu demandé en France et ce, malgré les nouvelles politiques publiques qui visent à développer son utilisation.

Son nom veut dire en anglais «boîte pour ramener les restes pour nourrir le chien», ce qui n’est certes pas très attrayant au premier abord… Il n’empêche, le doggy bag, contenant délivré par les restaurateurs pour que les clients puissent repartir avec la nourriture qu’ils n’ont pas terminée, est un moyen utile pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La problématique est maintenant de chercher à développer sa pratique en France. Dans ce cadre, les pouvoirs publics se sont intéressés à la question du doggy bag ces dernières années, l’ultime épisode en date étant la parution de l’article 62 de la loi «Alimentation et agriculture» ratifiée en novembre 2018, qui obligera à partir du 1er juillet 2021 tous les restaurants à fournir à tout client qui le demande «des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place, à l’exception de ceux mis à disposition sous forme d’offre à volonté». Comme l’expliquait en avril 2018 la commission du Développement durable et de l’aménagement du territoire, une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale, «le but est de généraliser une pratique existante et de réduire par deux le gaspillage alimentaire d’ici 2025».

Le doggy bag est très en vogue dans les pays anglo-saxons comme en Amérique du Nord, notamment aux États-Unis, mais aussi en Asie. Il reste toutefois assez marginal en France par rapport à d’autres pays, et cela notamment pour des raisons culturelles: en 2014, un sondage Yougov à propos de ces doggy bags montrait que 15% des Français trouvaient que ça faisait «radin» et plus d’un tiers des interrogés trouvaient que cette pratique était inutile.

Près de 60% des Parisiens déclarent ne pas finir leur assiette au restaurant

Pourtant, en 2015, le secteur de la restauration représentait 14% du gaspillage alimentaire français selon la commission européenne, qui précise que ce chiffre serait dû à l’absence de choix dans la taille des portions pour les clients, à l’anticipation de la demande parfois compliquée et à la très faible proportion de clients qui repart avec les restes de son repas chez soi. Dans ce dernier cas, l’utilisation du panier à emporter pourrait résoudre le problème, quand on sait qu’en Ile-de-France, «près de 60% des habitants déclarent ne pas finir leur assiette au restaurant», selon la Ville de Paris et que les Français laissent de côté en moyenne cinq fois plus de nourriture au restaurant que chez eux.

Encore faut-il que le client le réclame. Au restaurant du «Grand Café Capucines» dans le 9e arrondissement de Paris, on assure par exemple que «pas plus de 2 personnes en demandent chaque jour». Au contraire, dans le restaurant japonais du même quartier «Higuma», plus d’une vingtaine de personnes demandent un sac à emporter par jour, un responsable révélant ainsi avoir constaté une hausse de la demande de doggy bags ces dernières années. Au restaurant chinois «La Tour De Jade» à proximité, le restaurateur souhaite que les clients, dans l’idéal, «viennent avec leur propre barquette»: «Nous avons un client qui fait souvent ça, car nos barquettes à emporter sont en plastique et nous savons que ce n’est pas bon pour l’environnement. Mais avec le type de nourriture que nous proposons, nous n’avons pas le choix».

Côté client, certains avouent ne jamais y penser car «on finit toujours notre assiette», alors que d’autres ajoutent qu’ils seraient prêts à utiliser des doggy bags «seulement pour des quantités importantes de nourriture». Un troisième client souligne lui que ces sacs à emporter sont «très culturels». «A l’étranger, j’en demande souvent mais en France je ne l’ai fait qu’une fois». Un groupe de trois trentenaires affirme pour leur part qu’ils ont l’habitude de demander des doggys bags s’il reste des quantités considérables de nourriture: «pour trois parts de pizzas, pas pour une seule»

Charles de Seynes-Le Figaro