L’Insee publie aujourd’hui son bilan de la fréquentation des hébergements touristiques pour la période allant d’avril à septembre.

Le nord a eu la cote

C’est le monde à l’envers, ou presque. D’après les chiffres publiés par l’Insee, la plupart des régions au nord de la France métropolitaine (exception faite de la Bourgogne Franche-Comté) affiche des chiffres en progression, quand le sud est à la baisse. La hausse de la fréquentation est plus marquée en Île-de-France (+ 7,7 %), qui a réalisé un cru exceptionnel, en Normandie (+ 5,3 %, affichant une fréquentation record pour la deuxième année consécutive), dans les Hauts-de-France (+ 4,9 %) et dans le Grand Est (+ 4,1 %, après + 8,2 % en 2017). La fréquentation est également dynamique dans les Pays de la Loire et en Bretagne, avec environ 3 % de nuitées supplémentaires dans chacune de ces régions. Dans cette moitié nord, tous les espaces touristiques (littoraux, urbains, ruraux, et de moyenne montagne dans le Grand Est) profitent globalement de cette embellie. La clientèle non résidente progresse de plus de 10 % en Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Bretagne, et dans une moindre mesure dans le Grand Est. La fréquentation des résidents y est également en hausse (sauf en Bourgogne-Franche-Comté), contrairement à la moitié sud.

Coup de froid dans le sud… sauf en Corse

Dans la moitié sud de la France, le bilan est mitigé. Les nuitées sont à la baisse : c’est le cas en Auvergne-Rhône-Alpes (− 2,4 %), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (− 2,0 %) et en Occitanie (− 0,9 %). “Ces régions pâtissent d’un repli de la clientèle résidente atteignant jusqu’à − 3,3 % en Auvergne-Rhône-Alpes, analyse l’Insee. S’y rajoute un recul de la clientèle non résidente en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le sud, la fréquentation ne progresse – et encore, timidement – qu’en Corse, qui affiche +0,6% après deux bonnes saisons en 2016 et 2017.

D’après l’enquête établie par l’Insee, la Paca est la seule région  où le nombre de nuitées totales ne retrouve pas son niveau de 2015. La fréquentation 2018 y baisse dans tous les espaces, souligne ainsi l’Insee.

Une saison difficile dans les massifs de haute montagne

Alors que tout le monde le dit, « la montagne en été, c’est tendance », le statistiques de l’Insee ne confirment pas cet engouement. Dans les massifs de haute montagne, les nuitées baissent de 6,8 %, pointe également l’Insee, qui note une nette désaffection de la clientèle résidente. La baisse est marquée dans les Alpes, comme dans les Pyrénées. Relativement moins fréquentés en dehors des périodes de sports d’hiver, ces espaces retrouvent toutefois leur niveau de fréquentation de l’été 2016. Dans les massifs de haute montagne, le nombre de nuitées progresse dans les campings et les hôtels (moins présents que les AHCT dans ces massifs). Sur le littoral, à l’inverse, la fréquentation estivale a progressé de 1,1% en un an (après avoir déjà enregistré +5,9% l’année précédente. Les camping y affiche une hausse supérieure à celle des hôtels : +2% vs 0,5%. Sur le littoral, tous hébergements confondus, les nuitées des non-résidents augmentent de 4,5 %, tandis que la fréquentation des résidents est quasiment stable, ajoute également l’Insee.

Mais 311 millions de nuitées (quand même)

Au cours des six mois d’été 2018, les hébergements collectifs touristiques de France métropolitaine ont enregistré 311 millions de nuitées, soit une hausse de 1,3 % par rapport à la saison estivale de 2017. La fréquentation urbaine, qui représente plus d’un tiers de la fréquentation estivale, progresse de 3,7% après une hausse de 7,6% en 2017. Elle est tirée par l’Ile-de-France, en hausse de 7,1% contre 1,1% pour les zones urbaines de province. Si la hausse est moins franche que l’année précédente (+6,1% en 2017), c’est que celle-ci correspondait à une année de rattrapage après le recul en 2016 (-2,9%), suite aux attentats terroristes de 2015 et 2016.  « La hausse de fréquentation en août (+1,7%) compense largement la baisse de juillet », résume l’Insee, pointant l’effet « des vacances scolaires tardives, de l’absence de pont pour le 14-Juillet 2018, et de la Coupe du monde de football » sur les chiffres de la fréquentation. La vraie bonne nouvelle de cette étude est que les nuitées de la clientèle non résidente progressent nettement (+4,3%), confirmant ainsi son retour, quand celles de la clientèle résidente sont quasiment stables (-0,1%). “Cet écart de dynamique est nettement plus marqué qu’en 2017, où il s’élevait à un point, décrypte l’Insee. Cette année, il est maximal en Bretagne et dans les Hauts de France (plus de 10 points). La fréquentation des hôtels est plus dynamique que celles des campings et des autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) », respectivement + 1,8 %, + 1,1 % et + 0,9 %.

Emilie Vignon- L’Echo touristique