Après lui avoir longtemps tourné le dos dans les zones urbaines, l’industrie hôtelière commence à s’adapter à l’accueil de la clientèle familiale.

Si, en France, l’hébergement familial est traditionnellement assuré par les résidences et les clubs de vacances dans les zones touristiques, villes balnéaires et stations de montagne, en revanche il a longtemps été négligé dans les zones urbaines. Pourtant à Paris, la fréquentation des hôtels est assurée pour moitié par la clientèle loisirs.

“Il y a dix ans, pour se loger avec des enfants, un couple devait louer deux chambres communicantes, ce qui doublait le prix et revenait très cher pour les familles“, rappelle Stéphane Botz, associé KPMG pour le tourisme, l’hôtellerie et les loisirs. L’arrivée de plateformes de locations telles qu’Airbnb ou Abritel-Homeaway a changé la donne “en offrant, en ville, des hébergements plus confortables et bien plus abordables pour les familles“, indique-t-il.

Mais aujourd’hui, en ville, l’hébergement hôtelier adapté aux familles ne représente que 5% d’une offre qui se diversifie lentement. “Nous visons de plus en plus cette clientèle : c’est un marché extrêmement important, or l’hôtellerie n’a pas toujours été pensée pour les familles“, admet Olivier Cohn, directeur général de la chaîne hôtelière américaine Best Western.

Aujourd’hui, dans tous nos projets de rénovation, nous nous attachons à transformer les espaces pour avoir plus de grandes chambres. C’est aussi une manière de récupérer des parts de marché par rapport à Airbnb, parce que c’est une cible que l’on a abandonnée dans le passé“, précise-t-il.

De nouveaux concepts émergent

Ainsi pour les 1 600 hôtels que compte la capitale, dont les chambres mesurent en moyenne 12 m2, adaptation rime avec restructuration. Certains hôteliers, lorsqu’ils entreprennent des travaux d’ampleur, “envisagent d’offrir des petits appartements accueillant des familles“, rapporte Stéphane Botz.

Des enseignes comme Novotel ou Ibis Styles (groupe AccorHotels) ont toutefois développé une offre famille avec des chambres pour quatre : les enfants y dorment généralement dans un canapé-lit. La première “invite” les enfants et leur offre le petit déjeuner, la deuxième lance des offres promotionnelles et propose jeux de société, animations et “ateliers créatifs” pendant les vacances.

En parallèle, de nouveaux concepts émergent comme celui de France Hostels, un réseau d’auberges de jeunesse qui cible une clientèle familiale et de jeunes voyageurs ou encore Mama Shelter, qui dispose de chambres communicantes et offre aux moins de 12 ans films d’animation et petit déjeuner.

Tour Hebdo, avec AFP