FOCUS – En France, huit hôtels disparaissent chaque semaine, dont la moitié en zones rurales. Alors que se tient à Paris, jusqu’à dimanche, le Salon du Tourisme, Le Figaro se penche sur les difficultés que traversent l’hôtellerie de campagne et la façon dont ces établissements cherchent à attirer une nouvelle clientèle.

Voilà bientôt deux ans que l’auberge des Bichonnières, à Ambérieux en Dombes dans l’Ain, est à vendre. Dans ce village de quelque 1600 habitants, à 35 minutes au nord de Lyon, sur la route des lacs, les propriétaires de cet hôtel-restaurant ne trouvent pas de repreneurs. «On souhaiterait vendre à un jeune couple», explique Marc Sauvage qui tient l’établissement depuis bientôt 30 ans, avec sa femme, Mireille. «Mais en deux ans, personne ne s’est présenté.» A la retraite depuis un mois, ce restaurateur-hôtelier de 60 ans, s’est fixé encore jusqu’à la fin de l’année avant de se résoudre à vendre son établissement, une ancienne ferme qui compte 9 chambres et un restaurant d’une capacité de 50 couverts, à un promoteur immobilier. «Pourtant, l’affaire tourne bien, tout est aux normes» assure-t-il. Le cas de Marc et Mireille est loin d’être isolé: dans l’Ain, département traversé par l’A42, 40% des hôtels-restaurants ont fermé, souvent faute de repreneur. Si ce département est emblématique de la crise de la petite hôtellerie, de nombreux autres territoires ruraux sont touchés (voire carte ci-dessous).

En France, huit hôtels disparaissent chaque semaine, dont quatre en zones rurales, d’après une récente étude du cabinet In Extenso TCH. Depuis 2011, ce sont plus ou moins 200 hôtels de campagne qui ferment tous les ans. Près de la moitié (45%) de ces disparitions sont liées à des défaillances et 18% à des cessations d’activité principalement à cause de départs en retraite sans repreneur. «On est à la fin d’une génération d’hôtels ruraux, explique Samuel Couteleau, expert au cabinet In Extenso. Beaucoup d’établissements vont bien tant que les propriétaires sont aux commandes, même avec une activité modérée dans la mesure où ils ont peu d’emprunts à rembourser. Mais quand ils souhaitent partir à la retraite, ils se trouvent souvent confrontés à l’absence de repreneurs.»

Clémentine Maligorne- Le Figaro