Les professionnels ont interpellé le gouvernement sur les conséquences du retrait des préenseignes en zone rurale, qui entraînerait une perte de chiffre d’affaires pouvant aller jusqu’à 50%.

Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration demandent le retour des pré-enseignes pour être visibles aux yeux de touristes. En 2015, un arrêté a en effet institué la suppression de ces panneaux de signalisation en dehors des agglomérations et dans les villes de moins de 10 000 habitants pour lutter contre la pollution visuelle. « Ça pénalise énormément les hôteliers et restaurateurs, avec des pertes de chiffre d’affaires allant de 10% jusqu’à 50%, c’est inquiétant », explique à l’AFP Roland Héguy, le président de l’Umih. Dans un communiqué commun, l’Umih, avec la Fédération internationale des logis (FIL) et le soutien de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), demandent « comme c’est aujourd’hui le cas pour les activités de fabrication ou de vente de produits du terroir, l’autorisation d’utiliser des pré-enseignes dérogatoires pour se signaler. » « La signalétique prévue en remplacement (Signalisation d’Information Locale (SIL)) est insuffisante et totalement inadaptée au tourisme : peu lisible, pas attractive, mal positionnée, pas d’information sur l’établissement, panneau trop petit (caractère de 8 cm de haut) avec des couleurs qui n’interpellent pas l’usager. La clientèle de passage ne trouve plus les établissements et ne s’arrête plus dans les villages où les établissements sont mal signalés », souligne également le communiqué.

Une campagne pour alerter les élus

Fabrice Galland, le président de la Fédération internationale des Logis, a fait part lui aussi d’une vive de la “vive inquiétude” du secteur : « De plus en plus de mes hôteliers m’écrivent en expliquant que depuis la suppression des pré-enseignes, ils ont perdu, 10%, 15%, 25%, 30% de chiffre d’affaires, ils n’ont plus de clientèle de passage et sont donc obligés de fermer leur restaurant le midi, voire de licencier du personnel », regrette le dirigeant de la « première chaîne d’hôtellerie indépendante, avec 60% d’établissements de moins de 10 chambres ».   « En interdisant les pré-enseignes pour les communes de moins de 10.000 habitants, le législateur organise la discrimination commerciale. Ce n’est pas acceptable. Le commerce de proximité doit être soutenu et pour cela visible et accessible », exige pour sa part Vanik Berberian, président de l’AMRF, dans le communiqué. Initiée par la fédération Umih dans le Loiret en décembre 2017, la campagne “S’afficher, c’est exister” sera déclinée via un dépliant et adressé dans à plus de 1000 élus locaux, ainsi qu’à plus de 10 000 maires ruraux. “Les fédérations départementales de l’UMIH sont invitées à relayer également ce message auprès de leurs élus locaux. L’UMIH met également à disposition de ses professionnels cafetiers, hôteliers, restaurateurs, un kit de communication (dépliant et affiches) pour informer leur clientèle”, précise l’Umih. « Entre le capharnaüm des enseignes et le désert informatif, il existe certainement un juste milieu qui concilie esthétique des entrées de communes et informations utiles au public”, estime Vanik Berberian.

Emilie Vignon – L’ Echo touristique (avec AFP)