Selon le cabinet spécialisé In Extenso, seulement 132 hôtels ont été créés l’an dernier. À ce rythme, le parc va tomber sous la barre des 17 000 établissements.

Le nombre d’hôtels en France ne cesse de baisser depuis plus de dix ans. Selon le cabinet spécialisé In Extenso, ne serait-ce qu’en 2016, 450 établissements (soit 8 400 chambres) ont disparu en France, alors que seulement 132 se sont créés. Ainsi en début d’année, l’Hexagone comptait près de 17 200 hôtels, soit un total de 637 500 chambres. «La tendance n’est pas nouvelle mais elle s’est amplifiée depuis 2014, en raison d’une recrudescence des disparitions d’hôtels», constate Samuel Couteleau, expert hôtellerie chez In Extenso.

En tenant compte de 120 hôtels redevenus opérationnels en 2016 après avoir fermé par le passé, il fait état d’un déficit net de 200 établissements. Cela représente une perte de 400 chambres en an. Ce chiffre -encore positif en 2015- s’explique par le fait que les hôtels qui ferment sont plus petits que ceux qui ouvrent. D’un côté, 8400 chambres ont disparu, de l’autre 8000 ont été créées ou remises sur le marché.

Départs en retraite

Départ à la retraite de petits exploitants, hôtels indépendants incapables de faire face aux contraintes réglementaires ou aux investissements nécessaires pour remettre à niveau leurs établissements… les fermetures ont des causes différentes, même si elles se concentrent dans les zones rurales, les agglomérations de moins de 200 000 habitants, et les stations de sport d’hiver.

36% des fermetures sont liées à des défaillances et 28% à des cessations d’activité (en général un départ à la retraite non remplacé). Si In Extenso parle de disparitions d’hôtels, c’est parce qu’en plus des fermetures, il tient compte des transformations en gîtes, meublés ou chambres d’hôtel (16%), ainsi que des reconversions en hébergement social (7%). Enfin, ses experts estiment à 4% les rénovations lourdes, nécessitant la fermeture d’hôtels pendant plus d’un an.

La situation ne devrait guère s’arranger. «Il y a encore beaucoup d’hôtels, dont les exploitants vont arriver à la retraite, qui fermeront. On peut penser que les disparitions d’hôtels dépasseront les créations pendant au moins deux 2-3 ans».

Le Figaro – Mathilde Visseyrias